Quartiers Durables Méditerranéens: Envirobat BDM étend sa démarche à la ville




Envirobat-BDM expérimente en Paca le référentiel Quartiers Durables Méditerranéens qui s’inspire à la fois de la démarche régionale BDM et du label national Écoquartier. Florence Rosa, Présidente d’Envirobat-BDM et Christiane Mars, urbaniste, détaillent cette nouvelle approche de la ville durable.

Comment est née l’idée de la démarche Quartiers Durables Méditerranéens?

Christiane Mars : Dès la création de BDM (Bâtiments Durables Méditerranéens) il était question d’aménagement durable pour notre région, car on ne peut pas isoler un bâtiment de son contexte, de son environnement. Mais il fallait attendre que la démarche BDM soit sur les rails, que les professionnels, les entreprises, les maîtres d’œuvres et d’ouvrages, expérimentent et pratiquent le référentiel pour envisager la démarche quartier Durable M. et que l’équipe permanente de BDM puisse assumer cette orientation et nouvelle charge de travail !


Florence Rosa et Christiane Mars

Florence Rosa : La dynamique de départ s’est focalisée sur le bâtiment car il fallait faire entendre les spécificités climatiques et culturelles méditerranéennes, notamment au regard des premières réglementations thermiques qui ne prenaient pas en compte le confort d’été. La démarche BDM a alors été conçue dans une vision globale pour appréhender la conception d’un bâtiment durable sur toutes ses thématiques. Le premier thème élaboré traitait bien évidemment de l’insertion du bâtiment dans son site. Cependant, autant le site était pensé dans un large ensemble (situation dans la ville, le quartier), autant il n’était pas possible à l’échelle de la parcelle bâtie de valoriser, concrètement par l’outil démarche BDM, les qualités intrinsèques d’un projet dialoguant avec l’urbain ; et à l’inverse d’avoir un rôle d’accompagnement significatif, sur un projet posant un problème d’insertion majeur. Le séminaire des 100 premiers projets BDM en novembre 2011 a été l’occasion de faire ressortir la nécessité de faire évoluer, dans la continuité, notre outil d’évaluation de la parcelle au quartier.

Qu’a-t-elle en commun avec la démarche BDM?

C.M. : Elle s’inscrit dans la continuité de BDM et s’adapte à l’échelle de l’aménagement urbain , du quartier:

  • Les items du référentiel sont spécifiques à notre région méditerranéenne (confort d’été, ilot de chaleur, gestion de l’eau…
  • l’évaluation participative (Système Participatif de Garantie) et publique
  • une approche généreuse, bienveillante
  • une évaluation de la conception à la réalisation et au fonctionnement pour le retour d’expérience très formateur

F.R. : Pour créer son outil, elle procède au regroupement d’acteurs experts de l’acte d’aménager et opère une concertation en groupes de travail. Ainsi se sont retrouvés réunis pour l’élaboration de QDM : des urbanistes, des architectes, des paysagistes, des bureaux d’études, des maîtres d’ouvrages publics et privés, des agents territoriaux, les institutions DREAL, EPF, ADEME, REGION, les CAUE, l’AVITEM, les grandes métropoles et agences d’urbanismes régionales…etc Ont également fortement contribué à l’élaboration de QDM nos collègues d’Occitanie au travers de l’association ECOBATP LR. Tous ces acteurs avaient en commun l’objectif d’élaborer un outil vraiment adapté à l’élaboration d’éco quartiers contextualisés aux spécificités de notre région, tout en faisant le lien avec le pertinent label écoquartier national. Ils comptaient bien mettre en œuvre un système d’évaluation pour partager les retours d’expérience, non pas, comme pour le bâtiment, à l’issue de la réception des travaux mais surtout tout au long de l’opération d’aménagement, qui peut durer des dizaines d’années, afin d’ajuster le projet en cours si besoin. Cette conscience, grâce à ce vécu professionnel de pratique, a été le moteur de la mise en œuvre des groupes de travail. Chacun a apporté sa pierre à l’outil, il a ainsi été conçu par et pour les professionnels de l’aménagement, en répondant à un réel besoin.  C’est pourquoi son utilisation progresse tout naturellement dans notre Région.

Sur quels indicateurs la démarche s’appuie-t-elle?

C.M. : Elle est organisée autour de 8 thématiques :

  • contextes et milieux naturels
  • mobilités
  • gestion des déchets, matériaux
  • énergie
  • gestion de l’eau
  • cadre de vie et santé
  • social et économie
  • gestion de projet

Quels types de projets sont éligibles à la démarche QDM?

C.M. : Tous les projets d’aménagements qui sont pensés dans leur globalité qu’il s’agisse d’un écoquartier, d’une réhabilitation d’un quartier de logement ou d’une création, d’une ZAC…

Y a-t-il des caractéristiques locales pour distinguer un Quartier Durable Méditerranéen?

C.M. : Le confort d’été, ilot de chaleur et gestion de l’eau, la biodiversité sont bien entendu les caractéristiques principales, attachées aux contextes.

La démarche BDM s’appuie sur la collaborativité et sur un réseau d’acteurs pour évaluer les projets. Est-ce le même réseau pour QDM? 

F.R. : On retrouve des acteurs communs de par les formations architectes, urbanistes et paysagistes, ingénieurs, entreprises, spécialistes faune/flore ainsi que les Maîtres d’ouvrages. La différence vient surtout des acteurs de la planification urbaine tels que l’EPF et les grandes agences d’urbanismes…etc L’ensemble du réseau QDM reste au final  proche et complémentaire de celui du BDM.

C.M. : La majeure partie des acteurs-adhérents est impliquée : les maîtres d’ouvrages en premiers lieu qui sont à l’origine des aménagements de nos villes, les maîtres d’œuvres, les entreprises. Nous devons ouvrir le réseau pour accueillir les aménageurs privés notamment

Comment les acteurs locaux perçoivent-ils l’arrivée de cette nouvelle démarche au milieu d’autres outils d’évaluation ou de certification?

F.R. : On a pu remarquer que QDM parle plus aux acteurs de la demande, c’est-à-dire les Maitres d’ouvrages, notamment publics, parce que peut-être plus au cœur des préoccupations politiques du vivre ensemble. Car ces défis de l’urbain, de la ville heureuse, ces défis de la complexité de notre société en quelque sorte, représentent encore ce qu’on a beaucoup de mal à mettre en adéquation avec les attentes citoyennes. En effet, les problèmes à l’échelle d’un bâtiment au sein d’un quartier sera moins manifeste et impactant que ceux pouvant affecter tout un ensemble urbain, qu’il s’agisse d’un quartier neuf ou réhabilité. Au travers de QDM, les acteurs de la demande comprennent mieux l’intérêt de BDM ce qui a pour conséquence d’encourager la réalisation de bâtiments selon la démarche BDM.

C.M : J’espère qu’ils l’accueillent avec bienveillance : comme nous l’avons fait pour BDM cette démarche est un outil de conception, de réalisation simple et efficace, pas une usine à gaz , c’est justement une démarche et pas une certification…

Y a-t-il déjà des projets urbains en cours d’évaluation QDM?

C.M. : La ZAC Bel Air à Avignon et le projet Chalucet à Toulon sont des aménagements avec des enjeux très importants pour ces 2 villes, et dans un contexte plus rural l’éco quartier de Volonne un village de 1700 habitants ou les enjeux sont tout aussi forts.

F.R. : Il faut également y ajouter le QDM du pôle multimodal de Cagnes sur Mer

Un quartier QDM comprend-il obligatoirement un bâtiment BDM?

C.M. : Il n’y a pas d’obligation, mais bien entendu la cohérence amène les projets vers une démarche BDM ! Ce qui est le cas pour ces 3 premiers projets QDM.

  • Plus d’information sur la démarche via Enviroboîte
  • Consulter le livret QDM




Leave a Reply