Des villes intelligentes, des poubelles qui parlent et l’internet des objets




Bon nombre des nouveautés que l’on voit aujourd’hui à l’œuvre dans les villes dites “intelligentes” peuvent être qualifiées de “progrès”. Stationnement intelligent, maisons intelligentes et plus encore, ne sont que les toutes dernières étapes d’une aventure qui a commencé lorsque des installations sanitaires sont venues remplacer le fameux cri “gare à l’eau”, qu’on utilisait au Moyen-Âge pour avertir les passants qu’on s’apprêtait à vider les eaux ménagères par la fenêtre.

Ce qui va vraiment rendre une ville intelligente, c’est l’intégration et l’analyse des données provenant d’initiatives disparates. La ville pourra alors offrir de nouveaux services à ses habitants (depuis des systèmes de transport personnels, privés et publics véritablement intégrés jusqu’à des profils énergétiques englobant le domicile, le lieu de travail, les véhicules, et plus encore).

Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ?  Il ne suffit pas d’installer des capteurs partout. Même s’il en faut.

Pour comprendre comment les habitants des villes intelligentes vont pouvoir bénéficier de toutes ces intégrations et de tous ces outils d’analyse, commençons par quelques explications. Voyons d’abord rapidement les trois types de données que nous allons rencontrer dans notre ville intelligente :

  • Les bonnes vieilles données structurées et rébarbatives provenant des systèmes d’entreprise. Il s’agit de données telles que les prévisions provenant d’une station météorologique, les données démographiques provenant du gouvernement ou encore les statistiques sur les performances du transport public.
  • Le big data (déjà plus ludique) provenant des réseaux sociaux et d’autres sources. Ces données peuvent s’avérer précieuses pour l’analyse des sentiments, mais aussi pour personnaliser des services et des offres, ou encore adapter l’entreprise, voire la ville, aux clients
  • Enfin, les nouvelles et intéressantes données Machine-to-Machine (M2M). Et c’est là que nous passons aux choses sérieuses ! En clair, c’est ce qui constitue l’Internet des objets (IoT), n’est-ce pas ? Voilà l’avenir ! Mais les choses ne sont pas si simples.

 Très bien, prenons l’exemple largement utilisé des poubelles intelligentes et voyons comment de simples capteurs peuvent apporter de réels avantages aux citoyens. Le principe des poubelles intelligentes est très simple : dotées d’un capteur, celles-ci sont capables d’indiquer qu’elles sont bientôt pleines et ainsi signaler qu’il faut les vider. Intelligent, n’est-ce pas ? Mais comme je l’ai dit précédemment, les choses ne sont pas aussi simples. Les poubelles seront peut-être vidées plus souvent, mais cela se traduira aussi par une explosion des frais. Cela impliquerait que les camions-poubelles repassent plusieurs fois dans la même rue pour vider des poubelles intelligentes qui se trouvent à proximité, mais dont le signal a été envoyé à huit heures d’intervalle, par exemple. Pas si intelligent, finalement.

Bien entendu, nous pouvons résoudre de tels problèmes.

Par exemple, des capteurs qui se trouvent à proximité pourraient très bien communiquer entre eux pour vérifier si d’autres poubelles sont également pleines. Ainsi, des entreprises telles que « Smartbin » proposent à la fois des capteurs et une solution d’optimisation des trajets pour les équipes chargées de la collecte des ordures ménagères. Nous y voilà : intégrer les données M2M et les bonnes vieilles données structurées un tantinet rébarbatives. Les habitants peuvent ainsi profiter de rues plus propres, mais sans que cela leur coûte plus cher pour autant. Et ce n’est que le début. Pour l’analyse des données de cet exemple, l’exploitation d’autres outils peut permettre une meilleure planification des décisions (dans quel quartier faut-il prévoir un plus grand nombre de poubelles, dans quel quartier y en a-t-il trop ?), tout en permettant une meilleure gestion du personnel et du parc de véhicules (de quelles ressources avons-nous besoin, à quel endroit et à quel moment ?).

Voyons ce que nous pouvons faire de plus si nous ajoutons à cela d’autres données. Par exemple, nous pourrions équiper les poubelles du Wi-Fi, comme cela se fait déjà à New York. Les habitants pourraient alors se connecter via une plateforme technologique connectée fonctionnant à l’énergie solaire, directement installée dans les rues de New York. Résultat : nous sommes en mesure d’en savoir plus sur les habitants de la ville intelligente. Grâce à l’analyse des sentiments rendue possible par le big data, nous pouvons même évaluer la façon dont ils perçoivent les services de poubelle intelligente que leur fournit la ville. Nous voilà loin des toutes premières installations de capteurs destinées à signaler une poubelle pleine…

Nous pourrions nous pencher sur une multitude d’autres exemples. Celui des poubelles intelligentes n’est destiné qu’à vous donner un aperçu de la façon dont l’Internet des objets va faciliter la vie des habitants des villes intelligentes.  Il ne s’agit pas seulement de capteurs et de “Smart Everything”. Il ne s’agit pas seulement de M2M.

Il s’agit aussi de l’intégration des différents types de données (qu’elles soient passionnantes, ludiques ou rébarbatives). Car l’analyse de ces données dans leur ensemble permet de découvrir les relations, les dépendances et les connexions, pour ensuite prendre des mesures positives et éclairées, basées sur les nouvelles informations disponibles. Voilà qui est vraiment intelligent !

Photo :David SOCHA – Utilities Practice Leader, TERADATA INTERNATIONAL

Article public par Smart Energies
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